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Réforme de l’UA: la mise en oeuvre de ce chantier requiert une prise en charge "progressive et consensuelle"  

ADDIS-ABEBA- Le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, a indiqué lundi à Addis-Abeba, que la mise en oeuvre de la réforme institutionnelle de l’Union africaine (UA) "s’est avérée être un exercice complexe, jalonnée d’obstacles objectifs qui requièrent une prise en charge progressive et consensuelle", pour qu’en définitive l’Afrique, toute entière, sorte "renforcée" par ces réformes.

"Toutefois et au-delà de la bonne volonté de départ, la mise en oeuvre de ce vaste chantier de réformes s’est avérée être un exercice complexe, jalonnés d’obstacles objectifs qui requièrent une prise en charge progressive et consensuelle", a précisé M. Tebboune lors de la réunion de  consultations des chefs d’Etat et de gouvernement consacrée à l’examen des questions stratégiques et prioritaires et tenue avant l’ouverture officielle du 29e session du sommet de l’UA.

C’est pourquoi "il nous appartient, à présent, de nous donner le temps nécessaire d’étudier tous les aspects liés à la mise en oeuvre des mesures de réforme institutionnelle de l’UA, en apportant les ajustements et les correctifs nécessaires, dans le cadre d’une démarche globale associant le plus grand nombre possible d’Etats membres", a ajouté M. Tebboune qui représente le président de la République, Abdelaziz Bouteflika aux travaux du 29e sommet de l’UA.

Le Premier ministre a affirmé que le processus de réforme institutionnelle de l’UA, comme toute oeuvre d’envergure, "doit évoluer dans des conditions appropriées de mobilisation et d’engagement accru des Etats membres".

Une telle entreprise "ne peut se faire qu’à travers une démarche réaliste conciliant les impératifs et les objectifs de réformes avec les capacités contributives réelles et les spécificités des Etats membres de l’Union africaine", a-t-il expliqué.

Il a indiqué que l’Algérie, tout en réitérant son attachement au concept de réforme, suggère qu'"une attention particulière soit accordée à la nécessité de maintenir une approche solidaire et consensuelle tout au long de ce processus pour qu'en définitive l’Afrique toute entière sorte renforcée par ces réformes".

Le Premier ministre a rappelé que depuis son lancement en juillet 2016 à Kigali, le processus de réforme institutionnelle de l’UA s’est fixé comme objectif "d’optimiser l’efficacité et l’efficience de notre organisation continentale, tout en sauvegardant les principes, les objectifs et les valeurs essentielles inscrites en lettres d’or dans les textes fondateurs de l’UA et de l’Organisation de l’Unité africaine". 

Cet objectif "noble consistant à conférer un rôle central à notre Organisation et, dans le même temps, à demeurer fidèles aux principes fondateurs de notre Union, doit être poursuivi de manière résolue et avec une conviction profonde dans la capacité de l’Afrique à faire face aux défis de l’heure", a-t-il dit.

Il a, toutefois, indiqué que la réforme de l’UA "ne saurait signifier une transformation de nature à remettre en cause les principes phares de la construction panafricaine, ni les équilibres fondamentaux sur lesquels la construction africaine repose".  

"La décision que nous avons adoptée en janvier dernier, ici même à Addis-Abeba, a permis de définir le cadre stratégique de la réforme institutionnelle de l’Union africaine et d’aller de l’avant dans sa  concrétisation", a-t-il souligné.

M. Tebboune a, par ailleurs, affirmé que l’Algérie "soutient et fait sienne" l’appel lancé par le président rwandais, Paul Kagamé, qui a soumis un rapport sur la réforme institutionnelle à la conférence, aux Etats membres de l’UA "à honorer pleinement leurs engagements financiers statutaires".

L’Algérie "voudrait également apporter son plein soutien aux propositions faites s’agissant du maintien du statut politique des Chefs d’Etat et de Gouvernement du NEPAD, comme catalyseur et cadre de leadership dans l’orientation de nos activités et programmes de partenariats", a-t-il  poursuivi.

Il a salué à cet égard l’engagement du Président Kagamé à continuer à interagir avec les Etats membres afin d’opérer les ajustements qui s’imposeront dans la phase de mise en oeuvre des mesures de réforme institutionnelle de l’UA.