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Article sur l’Algérie dans le journal économique « les Affaires »

 

Le Journal économique de Montréal « Les Affaires » du 13 décembre 2008, a publié une interview de M. Denis Paradis, ancien Ministre Fédéral et trésorier général de l’Alliance d’Affaires Canada-Algérie (AACA) sur le partenariat économique entre les deux pays :

Journal Les Affaires - Vous organisez un colloque pour promouvoir l'Algérie. Pourquoi faire affaire avec ce pays en ces temps de crise plutôt qu'avec d'autres économies, comme la Chine, beaucoup plus dynamiques ?

Denis Paradis - C'est vrai que la crise économique frappe toutes les régions du monde, ou presque, de l'Asie à l'Amérique du Nord en passant par l'Europe. L'Algérie est un peu à l'abri des perturbations. Ce pays se convertit à l'économie de marché. Aux alentours de 2000, le pays comptait 1 200 sociétés d'État; de ce nombre, près de 400 ont été privatisées. De plus, c'est un pays riche en ressources naturelles, qui a de grandes ambitions, soit de rattraper le niveau des économies développées.

JLA - Mais avec la chute du prix du baril de pétrole, les revenus de l'État chuteront. Le gouvernement aura moins d'argent pour investir dans ses ambitieux projets d'infrastructures, non ?

D.P. - Cela aura peut-être un impact, mais il ne sera pas majeur. Ce qu'on me dit sur le terrain, en Algérie, c'est que le gouvernement a budgété ses projets avec des prévisions de prix du baril de pétrole à 37 $ US [l'or noir se négociait à un peu plus de 40 $ US le 5 décembre]. Ce superbe marché demeurera donc encore très intéressant.

JLA - L'Algérie est-elle trop dangereuse pour les entreprises étrangères, même si le pays est beaucoup plus sûr qu'au début des années 1990 ?

D.P. - Je vais deux ou trois fois par an en Algérie. C'est vrai qu'il y a parfois des attentats, mais j'ai l'impression que cela prend des proportions plus grandes dans les médias étrangers. Les autorités tentent d'éradiquer le terrorisme avec des mesures de sécurité accrues. Dans une certaine mesure, il est plus dangereux de marcher la nuit dans les rues de Washington que dans celles d'Alger.

JLA - Dans quels principaux secteurs d'activité les entreprises canadiennes peuvent-elles tirer leur épingle du jeu ?

D.P. - Les infrastructures, d'abord. Les besoins sont immenses, de la construction aux travaux routiers en passant par la signalisation. En environnement ensuite, nos entreprises peuvent partager leur expertise en matière de recyclage. L'agroalimentaire est aussi un secteur de choix. Par exemple, l'Algérie a de grands besoins en lait, et en importe beaucoup pour répondre à cette demande. Le pays veut donc en produire de plus en plus. Sans vous donner de nom, je peux vous dire que je participe à une négociation au terme de laquelle un éleveur canadien de vaches laitières Holstein transférera sa technologie [ de génétique embryonnaire] à un éleveur algérien dans une coentreprise.

JLA - Quels sont les autres secteurs clés ?

D.P. - Le secteur financier est aussi à surveiller. Le gouvernement algérien veut privatiser des banques, même si ce processus est pour l'instant suspendu. Des institutions canadiennes pourraient sans doute prendre des participations dans des banques algériennes. Par ailleurs, l'assurance est un secteur qui offre beaucoup de potentiel. Les statistiques sont éloquentes : au Canada, une personne dépense en moyenne 2 000 $ par an en assurances (santé, vie, automobile, maison, etc.), comparativement à 17 $ en Algérie et 54 $ dans les autres pays du Maghreb. Ne serait-ce que rattraper la moyenne régionale équivaudrait à multiplier le marché algérien de l'assurance par trois !

Enfin, il y a la formation postsecondaire, et la demande est forte. En fait, il manque d'enseignants pour presque tous les niveaux. HEC Montréal et l'Université de Sherbrooke offrent déjà sur place des formations pour cadres.



                                                                                                                 www.lesaffaires.com


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